Maudit COVID ! Je t'haïs de plus en plus chaque jour. Non seulement tu chambardes tout mais tu me « challenges » mentalement et même physiquement.

Ouais, parce que j'ai beau me coucher tôt, faire de l'exercice et bien manger, je suis CONTINUELLEMENT fatiguée. Dans le genre, pas capable de me lever à l'heure où je voudrais pour aller courir un peu le matin... Pourtant, avant tout ceci, je me levais parfois avant 5h du matin pour y aller. Je n'y comprends comprenais rien! Comprenais - parce que je pense que j'ai trouvé.

Naviguer le changement Dans une autre vie - ma vie de fonctionnaire fédérale - j'ai livré des formations qui s'intitulaient « Naviguer le changement » pour le compte de l'École de la fonction publique du Canada. C'était en 2011 et 2012. À l'époque, la fonction publique était dans un processus de « réaménagement des effectifs » - une façon douce de dire qu'il y avait des suppressions de postes. Si ma mémoire est bonne, il devait y avoir près de 20 000 postes supprimés. Le mien a fait parti du lot et c'est comme ça que je suis devenue entrepreneure - mais ça, c'est une autre histoire.

« Naviguer le changement » expliquait les étapes que l'on vit, émotionnellement, mentalement et physiquement, quand on traverse une période de changement dans nos vies.

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Cette image vient de e-marketing.fr

Le choc : Quand on nous a annoncé le confinement. Méchante claque !

La remise en question ou la résistance: Vous voyez qu'on parle de « marchandage » ? Ça, c'est ce que l'on fait quand on essaye de trouver des moyens de contourner les règles que le gouvernement nous demande de respecter.

La remobilisation ou l'exploration : On parle d'acceptation et de découverte de sens. On y est quand on commence à trouver des nouvelles façons de fonctionner dans le nouveau état.

L'engagement : On a atteint cette étape quand le changement est notre nouvelle norme.

Ma petite analyse du modèleSi vous regardez la courbe dans l'image en haut, vous voyez que dans la phase de remise en question, la ligne descend. Cette descente représente notre énergie, notre productivité et notre humeur. En phase de remise en question, tout ça diminue ou devient moins rose.

D'ailleurs, quand les organisations mettent en place des changements, on dit aux dirigeants et aux superviseurs de garder un oeil sur leurs employés pour intervenir auprès de ceux qui restent dans le creux de la courbe trop longtemps. Ces gens sont souvent à risque de développer des symptômes de dépression.

Mais revenons à notre situation COVID. Pour passer de la phase de remise en question à la phase de remobilisation, il faut à l'humain un certain mouvement dans le changement, c'est-à-dire une évolution. Par exemple, dans un milieu de travail, une personne passera en remobilisation quand elle aura un nouvel emploi, de nouvelles tâches, de nouveaux projets.

Je suis fatiguée parce que je suis encore dans la phase de remise en question. Et pour passer en remobilisation, j'ai besoin de voir une évolution dans la situation.

Quelle sorte d'évolution ?Notre société est réglée par le temps - calendriers, agendas, montres. Notre vie évolue selon des marqueurs de temps. Regardez vos semaines et vos mois. Au travail comme à la maison, c'est un peu notre façon de voir l'évolution.

Dans la situation de la COVID, cette évolution a été mise en pause. Nous n'avons pas d'échéancier de quand et comment les choses vont changer. Ça vient défier ce que nous avons appris depuis longtemps.

La courbe du changement, ce n'est pas une route à sens unique. On peut avancer de 2 pas, reculer de 1 ou de 3. Un peu comme la fameuse danse que nous ont présenté David Alston et Marcel LeBrun dans un article de Huddle le 15 avril dernier.

On peut sentir que l'on remonte et à tout moment, redescendre parce que nos efforts pour arriver à l'acceptation n'ont pas donné les résultats voulus (ne pas avoir été retenu pour un poste après une entrevue, par exemple).

Remonter la penteAprès avoir regardé ceci de près, j'en suis venue à la conclusion que je vais sans doute commencer mon ascension vers la remobilisation quand les autorités nous donneront des indications sur le plan de « reprise » ou de « déconfinement progressif ».

Il est difficile pour nous, comme citoyens, de pouvoir imaginer comment la prochaine étape va se dérouler. C'est ce qui explique que tant de gens ont partagé l'article de Alston et LeBrun. Ils nous ont donné un point de départ pour nous faire une image mentale de la suite.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick est en préparation de la présentation de la prochaine phase, selon ce qui est dit lors des points de presse quotidiens. Ça doit être un travail colossal que d'arriver à faire ce plan et à le communiquer de façon à ce que les gens continuent de respecter les règles. À tous ces fonctionnaires qui planchent là dessus tout de suite, je vous lève mon chapeau !

Comme tout le monde, j'ai vraiment hâte de savoir ce qu'il y aura dans ce plan. Pour mieux comprendre mais aussi et peut-être surtout, pour me donner l'élan (ou le coup de pied, c'est selon !) dont j'ai besoin pour remonter la pente. Peut-être qu'à ce moment là, je serai capable d'aller courir plus tôt !